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De la musique avant toute chose

Translitte?rature n°36:Translittérature n°36 26/01/09 9:46 Page 29 De la musique avant toute chose
Réflexions sur la traduction poétique Il n'est pas en effet nécessaire, dans une traduction, d'imiter la forme du mot, l'idée même dont il s'agit doit être désignée par un mot qui ait le sens du vocable grec, sans en avoir l'aspect extérieur.
On oublie, je crois, que le son des mots choisis par le poète en dit parfois beaucoup plus long que le sens littéral, qui, dans son indigence, évoque trop souvent les platitudes d'un livret d'opéra, et que le véritable sens de la poésie est dans la musique. Zéro pointé pour Sénèque, vingt sur vingt pour Julien Green. On sait que l'essentiel (l'essence) d'un texte poétique (en vers ou en prose) réside dans laforme (« si le poète est un vrai poète, il sacrifiera presque toujours à la formequi, après tout, est la fin de l'acte même, avec ses nécessités organiques. »Paul Valéry) – et le traducteur devra retrouver cette musique, que ce soit celledu mot, celle de la phrase, celle inhérente à une langue donnée, en tout cas àl'usage qu'en fait le poète. Quoi qu'il en soit, nous ressentons instinctivementcette « suave complicité » dont parle le Père Festugière, et qui est l'un deséléments les plus difficiles à traduire. Que nous le voulions ou non, des motscomme rose, mort, bon nombre de noms de fleurs (églantine, glycine, cytise,chèvrefeuille – cf. le beau poème de Shelley, « La sensitive », traduit par Translitte?rature n°36:Translittérature n°36 26/01/09 9:46 Page 30 Milosz) – ont une charge émotionnelle que nous retrouvons parfois dansd'autres langues (c'est le cas de « rose » et de « mort »), parfois non – ou bienla connotation sonore a été gauchie – ainsi dans cet admirable exemple quedonne Ernst Jünger à propos d'une jolie strophe latine : Nulla undaTam profundaQuam vis amorisFuribunda.
« traduite à la perfection », ajoute Jünger, ainsi : Keine QuelleSo tief und schnelleAls der LiebeReissende Welle.
(Littéralement : « Nulle source / Aussi profonde et rapide / Que de l'amour / Le flot qui vous emporte ».) À la perfection. Le traducteur avait besoin du mot Quelle (source) pour la rime. Or ce terme, par sa sonorité, est plus clair, plus translucide quele latin unda, « obscur et insondable » (Jünger). Il y a donc un léger décalage– que le français, par chance, ne connaît pas, cette strophe pouvant setraduire littéralement : Nulle ondeAussi profondeQue de l'amourLa force furibonde.
On pourrait m'objecter que « furibonde » n'est pas exact, que « délirante » ou « déchaînée » serait plus adéquat. Mais. lisez alors le texteà haute voix. Et par ailleurs, le grand Robert me fournissant l'acception :« d'une furieuse violence », me donne bonne conscience, d'autant plus quele « furor » latin (voyez Horace : « Ira furor brevis ») signifie « folie ».
« Par chance », dis-je, nous pouvions traduire cette strophe. La tâche n'est pas toujours aussi aisée, elle est même parfois impossible. Voici unemini-anthologie, extensible à l'infini, des résignations.
Dante :Per me si va nella città dolente,Per me si va nell'eterno dolore,Per me si va tra la perduta gente.
Translitte?rature n°36:Translittérature n°36 26/01/09 9:46 Page 31 Mallarmé :les trente-trois « i » du sonnet « Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui » Marbeuf :Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage,Et la mer est amère et l'amour est amer.
Racine :Que le jour recommence et que le jour finisseSans que jamais Titus puisse voir Bérénice,Sans que de tout le jour je puisse voir Titus.
Rilke :In dem BinnenseeDieser offernen Rosen,Dieser sorglosen, sieh :Wie sie lose im LosenLiegen… Anthologia lyrica :Pou moi tà roda, pou moi tà ià, pou moi ta kalà sélina ?Tadi tà roda, tadi tà ià, tàdi tà kalà sélina.
Où sont mes roses, où sont mes violettes, où mon joli persil ?Voici mes roses, voici mes violettes, voici mon joli persil.
Tout autant qu'à son caractère énigmatique, le « charme » de ce fragment tient à sa brièveté et à la répétition incantatoire de quatre mots et(seize fois) de l'alpha. Il est clair qu'il faudrait un miracle pour restituer lamusique ainsi suscitée, d'autant plus que le mot « persil » ou « ache », quedonne aussi le dictionnaire, ne possède pas le mélodieux, encore moinsincantatoire de sélina, surtout en fin de vers. Mais si je m'attarde un peu surcet exemple, c'est que le génie adaptateur de Pierre Louÿs a réussi, dans Leschansons de Bilitis, sinon à transposer entièrement la musique de ces vers,du moins à « faire passer » avec élégance – et sans doute ironie – le persil.
Il a simplement mis ce distique dans la bouche d'une « strip-teaseuse » quivient d'enlever son dernier voile : Où sont mes roses ? Où sont mes violettes parfumées ?Où sont mes touffes de persil ? –Voilà mes roses, je vous les donne.
Voilà mes violettes, en voulez-vous ?Voilà mes beaux persils frisés.
Translitte?rature n°36:Translittérature n°36 26/01/09 9:46 Page 32 Nul doute que cette connotation érotique retrouvait l'intention originelle du texte.
De même que certaines lettres, comme l'alpha dans l'exemple que nous venons de voir, il est des mots qui possèdent dans une langue une sonoritéqu'ils n'ont pas dans d'autres. Ainsi le remember anglais : I remember, I rememberThe house where I was born. (Thomas Hood) Remember me when I am gone awayGone far away into the silent land… (Christina Rossetti) Ce remember perd de son pouvoir évocateur si je le traduis Je me souviens, je me souviensDe la maison où je suis né.
(« je me rappelle, je me rappelle » sonnerait mieux) Souviens-toi de moi quand je serai partie,Partie bien loin au pays du silence.
En revanche, le substantif souvenir possède, me semble-t-il, la même charge émotionnelle, il conviendra donc de le substituer au verbe lorsquecela sera possible : Souvenir, souvenirDe ma maison natale.
Garde mon souvenir quand je serai partie.
L'italien, lui, possède avec ricordare la sonorité équivalente, et l'un des vers les plus émouvants de Dante (« Ricorditi di me che son la Pia », PURG., V, 133) peut inspirer le traducteur italien de Christina Rossetti. Voici ce quepropose, pour les deux vers cités, le grand poète bilingue Karl Lubomirski1 : RicordamiQuando me ne saro andatoLontano lontanoNel paese del silenzio.
1. Sur Karl Lubomirski, voir « Traduction à deux voies, poésie à trois voix » in TransLittérature n°21, été 2001, p. 27 sqq.
Translitte?rature n°36:Translittérature n°36 26/01/09 9:46 Page 33 Quant à celui de Dante, même recette que pour remember : Garde mon souvenir, à moi qui suis la Pia.
(« Prête-moi souvenir », traduit joliment André Pézard, et Henri Longnon : « De moi qu'il te souvienne. ») « Le chant de l'amour et de la mort du cornette Christophe Rilke » s'ouvre sur un verbe d'une puissance évocatrice sans égale : Reiten, reiten, reiten, durch den Tag, durch die Nacht,Durch den Tag.
Reiten, reiten, reiten… L'accent porte sur la première syllabe, d'où un irrésistible mouvement en avant que la traduction anglaise de B.-J. Morse rend fort bien : Riding, riding. Riding, riding, through the day, through the night,through the day.
Les traductions françaises, fort belles par ailleurs, de Maurice Betz et de Maurice Regnaut ne tiennent pas compte de cet élan : Chevaucher, chevaucher, chevaucher, le jour, la nuit,Le jour,Chevaucher, chevaucher.
Sans nier, donc, la beauté de cette traduction, il faut reconnaître qu'en premier lieu, le mot « chevaucher » est trop long, il ne fait pas cet effet decoup de fouet de l'original, il ne devrait apparaître que deux fois. En secondlieu, la terminaison masculine stoppe l'envolée créée par l'accentuation dumot allemand. Le problème semble insoluble ; or Philippe Jaccottet l'arésolu en grand poète et traducteur : En selle le jour, la nuit, le jour.
En selle, en selle.
S'il y a une certaine perte de tonus par rapport à l'original, plus violent, la brièveté et le mouvement y sont. Disons que Jaccottet a « limité lesdégâts », et cela seul « est un idéal dont nous autres traducteurs rêvons tous ».
De cet idéal, on peut se rapprocher dans certains cas : à l'anthologie des résignations j'en opposerai une des possibilités, moins extensible peut-êtreque la première, mais néanmoins plus vaste que l'on serait tenté de le croire.
Translitte?rature n°36:Translittérature n°36 26/01/09 9:46 Page 34 Incluons-y d'abord les créations verbales et les mots-valises qui ne présentent pas de difficultés insurmontables, il suffit de les reconstituer avecl'arbitraire le plus parfait.
Le fameux « Grand combat » de Michaux : Il l'emparoulle et l'endosque contre terre ;Il le rafue et le roupète jusqu'à son drâle, etc.
devient en allemand sous la plume de Kurt Leonhard : Er greidolkt ihn und podartscht ihn zu Boden,Und rampft und rippert ihn bis zum Verdreucheln, etc.
L'illustre « Jabberwocky » de Lewis Carroll commence ainsi : ‘Twas brillig, and the slithy tovesDid gyre and gimble in the wage, etc.
Je n'infligerai pas au lecteur les quatre traductions françaises (dont une due à un Américain) et les deux allemandes que je connais, voici seulementle « Jabberwocheux » d'Henri Parisot : Il était grilheure ; les slictueux tovesGyraient sur l'alloinde et vibraient :Tout flivoreux vaguaient les borogoves ;Les vercherons fourgus bourniflaient, etc.
Évidemment, dans le domaine de la création verbale, il est plus difficile de traduire « Amore » d'Audiberti écrit en quatre langues ou « Neige » deValery Larbaud rédigé en sept langues2, ou encore tel poème d'Oswald vonWolkenstein, cet aventurier sud-tyrolien qui vécut de 1377 à 1445, poèmerédigé lui aussi en sept langues complaisamment énumérées dans le refrain,écrit, lui, en allemand : Agis en allemand et en italien !Passe tes nuits en français !En wende cuis ton pain !Tonne en flamand !Septième langue, le latin ! 2. Mais Larbaud lui-même en a écrit une « réduction au français », Anthologie palatine,VI, 216 : Sòsos kai sosò, soter, soi tond' anéthèkanSòsos mèn sotheis, sosò d'oti sosò èsòthè.
Pierre Waltz a su jouer avec les mêmes sonorités : Sòsos et Sôso t'ont consacré, sauveur, cette offrande :Sòsos en se sentant sauvé, Sôsô parce que Sôsos était sauvé.
Translitte?rature n°36:Translittérature n°36 26/01/09 9:46 Page 35 Quand je dis « il est plus difficile », c'est un euphémisme ; on ne doit pas tenter l'expérience, donner tout au plus l'original accompagné d'uneversion juxtalinéaire, ce qui a été fait dans le numéro de janvier 1994 dela Nouvelle Revue Française. Pour en revenir à notre anthologie des possibilités, voici quelques exemples de sonorités heureusement rendues : Pour Saint Jean de la Croix, « Noche escura del Alma » : Oh noche que guiaste,Oh noche amable más que el alborada,Oh noche que juntasteAmado con amada,Amada en el Amado transformada ! ni l'Anglais Roy Campbell : Oh night that joined the loverTo the beloved brideTransfiguring then each into the other.
ni même Stefan George : O nacht die du vereintestDen freund mit der geliebtenDen freund in die geliebte eingegangen.
n'ont tenu compte de la préciosité fondamentale de ces derniers vers ni de l'entrelacement, l'embrasement quasi érotique, ce coït mystique (queStefan George a certes, fort audacieusement rendu) de l'amado et del'amada.
Armand Godoy l'a presque retrouvée : O nuit qui vois encoreL'amant avec l'aiméeEn son Amant l'Amante transformée.
(« Aimée » au lieu d'amant pour la nécessité de la rime). Ce participe passé se retrouve, mais employé plus rigoureusement, dans une traductionplus récente, celle de B. Lavaud : O nuit qui joignisL'aimé avec l'aiméeL'aimée en l'aimé transformée.
Translitte?rature n°36:Translittérature n°36 26/01/09 9:46 Page 36 C'est excellent, mais l'on n'entend pas la différence entre le masculin et le féminin. J'attribuerai donc la palme à P. Darmangeat qui l'a respectée,tout en restituant cet embrassement : O nuit qui as uniL'Amant avec l'amante,Et transformé l'amante dans l'Amant ! En ne « majusculisant » que le masculin, Darmangeat accentue l'aspect Il peut arriver qu'un son doive être remplacé par un autre ; ainsi chez Heredia telle allitération en « v » peut en devenir une en « f » (les deuxlettres sont de toute façon des fricatives) : Ah ! si jamaisVers Syracuse et les abeilles et les vignesTu retournes, suivant le vol vernal des cygnes.
Kehrst du je heimNach Syrakusa hin, den Bienen und den Reben,Dem Frühlingsflug der Schwäne folgend… Le « w » se prononçant « v », nous avons même droit à une évocation du son original, qui s'allie d'ailleurs fort bien, et pour cause, avec « f » – etnous retrouvons cette alliance dans la version de Rilke du « Cimetièremarin » : Zénon !! Cruel Zénon ! Zénon d'EléeL'as-tu percé de cette flèche ailéeQui vibre, vole et qui ne vole pas ! Rilke :Grausamer Zeno, Zeno, deine Worte !Ob mich am Ende jener Pfeil durchbohrteDer schwirrt und fliegt und doch nicht fliegt zuletzt ? On le voit, selon les occurrences et en une certaine mesure, il est possible de « suppléer aux voluptés absentes du rythme et de la rime »(Baudelaire). Aucune théorie n'a ici son mot à dire, seule l'oreille. Et puis leflair, l'intuition, le talent du traducteur, son rapport avec l'auteur et, plusprécisément, l'œuvre à traduire. Jouent aussi ses choix : veut-il sacrifierquelque chose du fond ou quelque chose de la forme – nous avons vu ce Translitte?rature n°36:Translittérature n°36 26/01/09 9:46 Page 37 problème –, sa propre langue se prête-t-elle plus, ou moins, à la musique del'original (celle de Dante est plus traduisible en espagnol – ou en catalanpuisque, semble-t-il, c'est en cette langue que fut traduite la Comédie pourla première fois –, voire en français, qu'en anglais ou en suédois.). Lesdieux en soient loués, voilà des questions qu'aucune machine à traduire nesaura jamais résoudre.
Anthologia Lyrica, carm. popul., 36 d, cité par Walther Killy in Wandlungendes lyrischen Bildes, Göttingen, Vandenhœck und Ruprecht, 1956, p. 5.
Anthologie palatine, t. III, texte établi et traduit par P. Waltz, Paris, LesBelles Lettres, collection Guillaume Budé, 1931, p. 216.
Carroll (Lewis), Alice au pays des merveilles, traduction d'André Bay,Verviers, Marabout, 1963, p. 178.
Dante, La Divine comédie, traduction d'André Pézard, La Pléiade, 1965,p. 1150.
Festugière (A.-J.), L'Enfant d'Agrigente, Paris, Plon, 1950, p. 51.
Green (Julien), Journal, Paris, Plon, 1954, t. II, p. 200.
Hood (Thomas) in English Verse, t. IV, London, Oxford University Press,1930, p. 492.
Jean de la Croix (saint) « Noche oscura del alma », adaptation d'ArmandGodoy in Traductions poétiques, Paris, Grasset, 1961, p. 72 ; traduction deBenoît Lavaud, Paris, Gérard Lebovici, 1985 ; traduction de PierreDarmangeat, Paris, Les Portes de France, 1947, p. 71 ; traduction de RoyCampbell in Pœms, Harmondsworth, Penguin Books, 1960, p. 26 ;traduction de Stefan George in Werke, Düsseldorf et Munich, HelmutKüpper, t. II, p. 563.
Jünger (Ernst), Geheimnisse der Sprache, Hambourg, HanseatischeVerlagsanstalt, 1934, p. 11.
Louÿs (Pierre), Les Chansons de Bilitis, Paris, Charpentier et Fasquelle,1949, p. 291.
Michaux (Henri), « Qui je fus » in L'espace du dedans, Paris, Gallimard,1945, p. 16 ; traduction allemande de Kurt Leonhard in Museum dermodernen Pœsie, Munich, DTV, 1964, p. 220.
Translitte?rature n°36:Translittérature n°36 26/01/09 9:46 Page 38 Oswald von Wolkenstein, Der mit dem einen Auge, Graz et Vienne, Stiasny,1960, p. 75 sq ; « Bourlinguer », poèmes traduits et présentés par JacquesLegrand, NRF 1/1994, p. 58 sqq.
Rilke (R.-M.) « Le chant de l'amour et de la mort du cornette ChristopheRilke », traduction de Maurice Regnaut in Œuvres poétiques et théâtrales,la Pléiade, 1997, p. 119 ; traduction anglaise de B.-J. Morse, Vienne,Amandus-Edition, s.d. p. 8.
Philippe Jaccottet, Rilke par lui-même, Paris, Le Seuil, 1970, p. 38.
Rossetti (Christina), in Rossetti, choix de poèmes de Dante-Gabriele etChristina Rossetti, Heidelberg, Lambert Schneider, 1960, p. 197.
Sénèque, « De la tranquillité de l'âme », II, 3, in Les Stoïciens, La Pléiade,1962, p. 663, traduction d'Émile Bréhier revue par J. Brunschwig.
Shelley (P.-B.), « La sensitive » in O.-V. de L. Milosz, Chefs d'œuvreslyriques du Nord, Paris, André Silvaire, 1968, p. 43 sqq.
Valéry (Paul), Variété V, Paris, Gallimard, 1944, p. 179 ; Gedichte,übertragen von R.-M. Rilke, Wiesbaden, Insel Verlag, 1949, p. 22.

Source: http://www.translitterature.fr/media/article_621.pdf

Ags/001/cap

Application of Tixel for Transdermal Delivery Amnon Sintov, PhD Ben-Gurion University of the Negev, Israel Maja A. Hofmann, PD Dr. med Charité, Universitatsmedizin Berlin, Germany ABSTRACT Background: Tixel is a novel device for thermal fractional skin treatments with low pain in ablative and non-ablative modes.

Prevention of cardiovascular disease

Prevention of Cardiovascular Disease See separate articlesand The revised Joint British Societies' (JBS 3) guidelines on prevention of cardiovascular disease (CVD) in clinicalpractice recommend that CVD prevention should focus equally on the following three groups of patients who areat high risk of CVD: [1] Apparently healthy individuals with 20% or greater risk over 10 years of developing symptomaticatherosclerotic disease.People with diabetes mellitus (type 1 or 2).People with established atherosclerotic CVD.